
Les luttes écologiques ne peuvent tenir debout si elles ne sont pas aussi des luttes antiracistes, et décoloniales : c’est le parti pris ici, en cohérence avec ce que Fatima Ouassak a déjà pensé et proposé dans ses précédents ouvrages. Elle ne l’a pas pensée seule, et elle ne l’a pas pensé sans que ça fasse lien avec d’autres ensuite. C’est cette confluence de pensées liant écologie et anticolonialsme qu’elle donne à voir dans ce recueil de textes. Chaque auteurice aborde la question par un prisme différent, et parfois très différent, ce qui donne une grande richesse à l’ensemble. Certains textes m’ont vraiment beaucoup donné à réfléchir, notamment autour de la pensée de Fanon, puis de Sankara, d’autres m’ont réjoui, comme Myriam Bahaffou, et d’autres m’ont éclairé sur des contextes et enjeux dans lesquels je suis moins plongés, notamment sur l’art et sur la Palestine. Tous sont de qualité, mais ils toucheront différemment selon vos intérêts et connaissances précédentes. la difficulté avec un tel foisonnement était de donner une cohérence à l’ensemble, et c’est fait de manière maline et réussie. L’auteurice de chaque texte a rédigé un petit épilogue qui fait le lien avec le suivant. L’ordre est bien choisi et la cohérence est rendue explicite. Tout ceci n’est pas très long, ce sont des articles de 10-20 pages, pour moins de 200 pages au total, mais c’est dense et ça se lit en prenant le temps de réfléchir. A essayer sans hésitation si ces sujets et leur articulation vous intéressent.