J’aime bien Paul Preciado, et j’aime bien le champ qu’il explore, avec d’autres. Alors, je me suis dit : pourquoi pas tenter cette œuvre de jeunesse, fondatrice, à l’occasion de sa réédition ? Et… bah, je ne suis pas philosophe. Et pour ce qui est de la théorie queer : sous forme vulgarisée, oui, mais au-delà, je n’y arrive pas (Butler, par exemple, non, et j’ai vraiment essayé). Preciado est philosophe, pour de vrai, avec Foucault, Butler, Deleuze et tout ça. Suffisamment pour jouer dans la même cour, visiblement. Avec de l’humour et une énergie militante. C’est ça qui a fait que je suis allé au bout, parce qu’il y a des passages, longs, où j’ai vraiment peiné. Faute d’avoir les références et le niveau. Mais les passages que j’ai réussi à comprendre m’ont vraiment plu et ouvert sur des questions et des perspectives vraiment intéressantes et intrigantes. A coups d’expériences artistico-sexuelles, de plaidoyers et de réflexions provoc qui mettent tout sens dessus dessous. Vraiment, j’aime bien. Bon, il faut avoir sans doute déjà un peu exploré la pensée queer et assimilée, et ne pas crainte que ça parle de gode, d’anus et que ça en fasse un sujet politique autant qu’un sujet de rigolade. Avec en arrière-plan, l’idée très claire de démonter la sexualité normative et le genre, mais de manière assez punk. Ce qui est raccord avec ce que j’avais déjà lu de Preciado et qui me situe un de ses points de départ. Mais bon, pour quelqu’un comme moi, mieux vaut sans doute s’en tenir à ses textes plus récents, et surtout destinés à des non-philosophes.