Cette Bd, c’est d’abord un bel objet. En tout cas, moi j’aime bien le format, la texture bizarre de la couverture et le style graphique général, surtout le côté niveaux de gris (le dessin un peu moins, mais ça va quand même). L’autrice y raconte plusieurs parcours autour de la pratique des cordes, du shibari, du bondage. Quatre personnages et quatre récits et enjeux différents. C’est bien dessiné, et sensible, mais j’ai trouvé que c’était assez inégal. Les deux premiers récits m’ont vraiment plu, je les ai trouvé sensibles et fins. Ils montrent ce qu’on peut trouver d’attirant, de plaisant, de troublant voire de franchement important, dans ces pratiques, à partir de personnes très normales et réfléchies. C’est une manière intelligente et touchante de faire toucher du doigt ce qui se joue. Le troisième récit, à l’inverse, traite de manière frontale la question des abus sexuels et viols, questions toujours présentes dans des pratiques qui sont sexuelles ou proches de pratiques sexuelles, d’autant plus quand on joue avec des enjeux de pouvoir et de contraintes. J’ai trouvé ce récit fort et courageux. Et dérangeant, mais je crois que c’est justement le but. La question aurait put être contournée ou traitée rapidement, je trouve ça vraiment bien qu’elle soit aussi bien abordée, même si ça en fait un livre bien moins léger. Le quatrième récit est celui qui m’a laissé le plus dubitatif. Il tente de raconter les origines de ces pratiques et de défaire les mythes et fausses idées diffusées et… il est écrit d’une manière tellement confuse que je ne suis pas sûr de comprendre ce qu’il faut en retenir. Ce qui est dommage parce que c’est joli et que ce serait intéressant. Au total, un livre plutôt chouette mais que je trouve un peu bancal.