Est-il possible de tenir le rythme, et les révélations, sur une série de cinq tomes de 1400 pages… ben oui. En soi, c’est quand même franchement impressionnant. Avec ce cinquième tome de la série Roshar, on arrive à mi-chemin (oui, c’est fou) mais c’est une vraie fin de cycle. Et elle est réussie. Au-delà de tenir plein de personnages en même temps, et d’enjeux, et de politique, Sanderson réussit à amener tout ce petit monde à une vraie fin commune, épique, et qui est à la fois très satisfaisante, et en même temps tellement pas qu’il y a la place pour la seconde série de cinq tomes géants qu’il annonce depuis le début. C’est une fin qui réussit, aussi, à être surprenante et cohérente. Après autant de pages à explorer plein de trucs et à imaginer plein de fins possibles, se faire surprendre, c’est vraiment cool. L’évolution des différents personnages continue à être détaillée et très fine, avec des profils psychologiques très marqués, et très cohérents, qui grandissent et évoluent. La série a toujours beaucoup parlé de santé mentale, mais là c’est explicitement dit, et central, avec même un personnage qui (ré) invente le rôle de thérapeute. Dans un contexte où il soigne des héros immortels complètement traumatisés et c’est une très jolie idée. Et ce tome, outre son climax, est sans doute plus centré sur ces questions que sur des grandes révélations (il y en a, hein, mais moins que dans le précédent, et avec moins de tension), ce qui m’a donné une impression moins frénétique. J’ai quand même plongé, mais avec moins d’intensité tout de même. Mais plus de poésie et de profondeur. C’est une série qui continue à me surprendre, et à me satisfaire. Comme cycle épique, c’est vraiment remarquable.