Le principe de bandes détournées, c’est de reprendre des vieux comics américains, plutôt période pulp, et dans le cas présent dans des univers médiévaux (Prince Valiant en plus cheap), et de leur faire raconter n’importe quoi. Comme il y en a de grandes quantités, il y a moyen de trouver de quoi recomposer des histoires entières, avec les mêmes personnages (ou en tout cas des personnages qui se ressemblent suffisamment pour que ça passe). Et ici, ce n’est pas n’importe quelle histoire, c’est celle de la révolution contre l’ordre féodal. Oui, c’est une bd de gros gauchistes, qui sert plus à se faire plaisir avec des références partagées qu’à faire de la pédagogie, même si ça peut sans doute faire les deux. C’est vraiment drôle parce que c’est très référencé, à coups de mouvements sociaux, ZAD et grandes centrales syndicales, transposées de manière très explicite dans un cadre médiéval. Il aurait pu s’agir d’une histoire, mais ça aurait été trop plan-plan, c’est donc un livre dont vous êtes le héros ou l’héroïne. Bordélique. Ce qui me va très bien, puisqu’on est encouragé-es, puis forcé-es à tricher. Ce qui permet de tout lire, en suivant raisonnablement le fil, et c’est très bien. Avec un découpage en chapitres, ce qui permet de ne pas se perdre, et d’avoir des thèmes forts. Franchement, c’est très drôle et ça fonctionne très bien, si vous aimez la parodie ouvertement politique, et bien à gauche. (Merci Lucille)