
Florence Mendez, que vous connaissez peut-être pour ses spectacles de stand-up, ou ses chroniques télé et radio piquantes, ou pour parler publiquement de son profil autistique, ou pour s’être positionnée au premier plan du #metoo standup… bref, Florence Mendez qui faisait déjà plein de choses vient de sortir son premier roman. Et ce n’est pas un roman comique, même si on ne peut pas dire qu’il n’y ait pas d’humour dedans. C’est un roman qui parle beaucoup de santé mentale, pas mal de marginalité, mais aussi de violence et même de sociopathie et de serial killers. Oui, on y retrouve la tendance foisonnante de l’autrice, et c’est une des dimensions que j’ai appréciées, tout comme sa tendance, ici comme ailleurs, à y aller franchement et sans fausse pudeur. Donc, oui, ça pique, et c’est tout à fait l’intention. J’y retrouve une filiation avec un certain nombre de romans noirs un peu trash. Mais dans le cas présent, pas trop trash, en tout cas selon mes critères. Les situations et sujets le sont franchement, mais l’écriture ne l’est pas. Elle est au contraire claire, voire limpide, et directe, ce qui fait qu’on n’y trouve pas le côté poisseux et profondément troublant d’autres auteurices proches. Selon vos goûts, vous trouverez ça très bien parce que ça permet de le lire sans trouver ça trop traumatisant, ou au contraire, vous trouverez que ça affadit. Dans les deux cas, je pense que vous vous laisserez malgré tout entraîner, parce que la narration est vraiment efficace et la tension très prenante. Comme ce n’est pas un gros volume, vous risquez, comme moi, de rester accroché-e jusqu’à finir (trop) vite.