Chaque livre de Mathilde Larrère est une joie, d’une part, et un outil important, d’autre part. Elle est particulièrement brillante pour les panoramas synthétiques et abordables. Ici, elle propose un sujet particulièrement large : la conquête de nos droits. L’ensemble de nos droits, fondamentaux, politiques, sociaux, la totale. Autant dire que oui, on balaie large, et donc on balaie assez vite. Mais sa capacité à être concise et claire permet une telle ampleur sans que ce soit ni indigeste ni laborieux ou long. La forme est donc efficace et agréable, même si elle est sans doute moins tonique et drôle que dans ses précédents ouvrages, probablement du fait des changements de thèmes fréquents. Le fond est à l’inverse passionnant, sans conteste. Il permet de se faire une culture générale de cette dimension de la politique, et y distinguant les tendances générales et les rythmes historiques. C’est précieux en termes de compréhension et de politisation, et c’est aussi extrêmement utile pour celles et ceux qui veulent transmettre. C’est une éducation politique au sens général autant qu’un apport historique. Ce qui en fait un ouvrage qui est un ouvrage de référence, un incontournable à se garder dans un coin. Parce qu’on devrait toustes être au clair avec l’ensemble de ces contenus et être capables de les resituer, si on veut continuer à avoir une démocratie qui fonctionne et des droits qui progressent pour toustes. En ce temps de domination des discours de droite, voire de remise en cause de droits fondamentaux et d’un état de droit, c’est donc tout à fait salutaire. Franchement, si je devais définir les savoirs fondamentaux pour toustes (pour l’école par exemple), on aurait là un élément de programme central.