
On pourrait croire au titre qu’il s’agit d’un recensement d’un courant ou d’un concept déjà existant, il se trouve que non. Ce que propose Irène Pereira ici, c’est une exploration de ce qui peut constituer quelque chose de cet ordre, puis un travail de théorisation et de construction d’une définition et de principes qui correspondrait à cette idée d’un féminisme spécifiquement libertaire. Donc, on est là pour réfléchir et pour construire. Ce que j’aime bien, et que j’apprécie d’autant plus ici que l’approche est très structurée et claire. L’autrice passe en revue l’ensemble des concepts et mouvements utiles en prenant vraiment la peine de les définir clairement, de les replacer historiquement et de les décrire dans le contexte actuel. En soi, j’ai trouvé ça tout à fait enrichissant, et très facilement réutilisable comme ressource et comme référence. Sur cette base, il s’agit ensuite d’interroger le fait qu’il puisse y avoir des spécificités à un féminisme libertaire, lesquelles, et ce qu’elles peuvent apporter de manière plus large politiquement aux mouvements féministes comme aux mouvements émancipateurs plus largement. Ce qui de mon point de vue permet de stabiliser et de clarifier certains enjeux et principes, et donc sans doute certaines méthodes et orientations. Je ne peux pas dire que, sur les grandes idées, ce soit une découverte (pour moi en tout cas), mais c’est par contre une très précieuse structuration et clarification. Comme ouvrage de réflexion et référence, je me le garde à portée de main.