
Le délai de production de cette troisième et dernière saison a été long, et je ne l’avais pas vu passer à sa sortie, autant dire qu’il a fallu revoir la fin de la saison précédente pour raccrocher : dans un fjord danois, le ragnarok se prépare, avec des lycéens qui se retrouvent avec des pouvoirs de dieux vikings, et des capitalistes qui sont les géants des légendes. Et pour cette saison, enfin, le titre de la série se justifie : nous y voilà. Les principaux dieux et déesses sont incarné-es, avec leurs pouvoirs (petit budget, globalement, si ce n’est Thor), et regroupés, il va s’agir de finir le boulot et d’abattre les géants. Si ce n’est : que les relations entre tout ce petit monde sont toujours aussi problématiques et ambiguës (et magnifiquement jouées par tout le casting, avec une mention très spéciale à Loki, qui est parfaitement instable, malmené et touchant tout le long), et qu’ielles ont lu les mythes et que la boucherie où tout le monde meurt, c’est pas hyper sexy comme plan. Donc, il y a des hésitations, des trahisons, des pièges. Et un Odin qui fume des joints dans la rue, dans son fauteuil roulant, pour voir l’avenir (oui, c’est drôle aussi, et c’est une bonne manière de gérer un petit budget de manière efficace). C’est une saison dans laquelle j’ai d’abord eu envie que ça accélère. Mais… mais non, en fait, et c’est finalement tout à fait volontaire. Parce que c’est une série qui réussit son final, avec un choix de narration qui n’est pourtant pas facile à réussir. Il se trouve que la finesse d’écriture et de jeu permet une conclusion ambigue que j’ai beaucoup appréciée. Je vous laisse découvrir, mais c’est une série qui tient ses promesses et qui réussit une relecture de la mythologie nordique dans un huis-clos de fjord danois contemporain avec brio.