
Pas de surprise, je suis toujours autant client de l’écriture riche d’Emmanuelle Bayamack-Tam, et toujours aussi appréciateur des thématiques familiales et identitaires desquelles elle se nourrit pour ses romans. Celui-ci, avec ces mêmes fondamentaux, est dans une veine un peu différente de ceux que j’ai lu précédemment. Il est beaucoup moins foisonnant, au sens où il n’a qu’un-e personnage principal-e. Et un questionnement central en terme d’identité de genre. Pas simpliste, pas moralisateur et au final avec un personnage que sa famille n’a pas aidé à avoir une identité stable tout court. Ce qui fait que ce n’est pas un argumentaire ou une défense, c’est un roman fin et complexe autour de ces questions. Alors, autour de ce personnage, il y a quand même du monde, et de la texture. Il y a des femmes de prisonniers, des enjeux d’adoption et d’amour, et puis une petite famille trans choisie autour d’une boite de nuit qui est d’abord un lieu de vie et de reconnaissance. Tout ceci est écrit avec un style remarquable, et pour cette fois pas mal de rythme et une narration qui avance sans se perdre. C’est un roman que j’ai trouvé agréable avec un joli sujet et un-e joli-e personnage.