Sur la sociologie féminisme, je commence à être documenté, et sur les classes raisonnablement. Mais sur la race, je me sentais un peu en manque d’assises théoriques. Ce petit ouvrage de 128 pages (comme l’indique le nom de la collection) a parfaitement rempli sa mission : me donner un panorama solide et synthétique des travaux et approches sociologiques de la race aujourd’hui en France. C’est une somme, au sens classique, c’est-à-dire un passage en revue accessible et complet (bien que rapide) de l’état de la science. Bon, accessible, entendons-nous : il faut avoir une idée de ce qu’est la sociologie. Mais pas tellement plus, parce qu’on part vraiment des fondamentaux avant de développer des sujets plus précis et des questions de controverses et de méthodo. La rédaction m’a agréablement surpris : on est sur un registre universitaire, mais sans tomber dans des tournures lourdes ou des recours trop faciles à des grands concepts obscurs. J’ai même trouvé ça honnêtement dynamique comme style. Pour le contenu, ben, c’est comme annoncé : d’où viennent les différentes approches de la question raciale, et donc les grandes hypothèses sur la manière dont s’est construit la pensée raciste (très simple et éclairant pour moi, entre l’école qui lie d’abord à la religion et en aprticulier à l’Espagne de la Reconquista, et celle qui lie à la colonisation et à l’esclavage) ; et les différentes écoles (ce qui remet en lumière les rôles pionniers de Colette Guillaumin et Frantz Fanon (et qui permet de dire que non, ce n’est pas du tout une importation depuis les USA)). De tout ça, on va jusqu’à un survol des grandes études et conclusions produites (très très bien, avec très très beaucoup de références en bas de page à aller consulter) et des controverses méthodologiques actuelles (et très françaises). En bref : si le sujet vous intéresse et que vous avez quelques bases, c’est une super manière de tout remettre à plat proprement en termes scientifiques.