
Il y a trop longtemps que je n’avais pas refait une plongée dans des travaux de l’Oulipo. C’est un tort, je devrais m’y contraindre régulièrement tant ça me réjouit et me rafraîchit. D’autant plus qu’ici, ce sont des propositions oulipesques pour lecteurices. Une grosse centaine de manières de détourner la lecture, ou l’objet livre en tant que lecteur. Toutes sont drôles et inattendues, et la plupart ne sont pas sans dire quelque chose d’intelligent sur le fait de lire ou le rapport à la lecture. Donc, déjà, si on aime ce genre de logique, c’est une joie de lire ces propositions. Une récréation, un espace de liberté, une autorisation à penser n’importe comment pour un petit moment. Et c’est d’une qualité notable, je n’ai rien trouvé à jeter dans l’ensemble des propositions. Au-delà de cet aspect récréatif, qui suffirait tout à fait, il y a un certain nombre des propositions que je trouve réellement faisables. Plus exactement : que j’ai envie d’essayer pour de vrai. Parce qu’elles proposent quelque chose qui non seulement est drôle et décalé, mais qui mérite probablement d’être vécu, et peut-être même avec un chance de produire quelque chose d’intéressant, voire de mémorable. J’ai fait une liste. Étant donné le format, c’est bien sur un livre à picorer à son rythme, et je pense sans se presser faute de perdre un peu de l’effet de surprise et d’amusement par une accumulation trop rapide. L’ensemble est illustré, par petites touches, par Etienne Lécroart, et si j’aime bien ses petites vignettes de style notice ikéa, je les trouve au final un peu anecdotique, surtout au regard de la qualité et de l’originalité du texte lui-même. Si vous aimez l’Oulipo et/ou la lecture, cette petite récréation est un bonheur absurde.