
Et oui, Ursula Le Guin n’est pas seulement une des autrices les plus prolifiques et les plus brillantes de la science-fiction, c’est aussi une autrice pour la jeunesse, ce que j’ai découvert très récemment. Ni une ni deux, je teste donc. Quatre tomes, d’environ quatre-vingt pages chacun, qui racontent les aventures de petit-es chat-tes avec des ailes (non, ne demandez pas pourquoi, c’est comme ça et on ne se préoccupera pas des origines de la chose, ce n’est pas le sujet). Né-es dans la grande ville, dans un bac ) ordures, ielles vont prendre leur envol rapidement. Et sur les conseils de leur mère, quitter la ville et les regards des humains tant des chats ailés, ça ne peut amener que des problèmes et des convoitises. C’est un récit qui m’a franchement fait penser, dans son style narratif comme dans son écriture, aux livres pour enfants de ma jeunesse, voire de celle de mes parents. C’est bien écrit, vraiment, sans surprise, et raconté à un rythme tranquille qui laisse de la place aux personnages et aux descriptions. Avec en plus des illustrations fréquentes et fines, on est vraiment dans cette ambiance-là. Que j’aime bien et qui fonctionne bien. Parce que le propos de fond est fin et réfléchi, sur l’indépendance, la différence et la liberté d’abord, puis sur la fraternité, l’amitié, l’importance des liens et tout ce genre de choses. Du livre pour enfant qui n’est certes pas novateur dans sa forme mais qui est d’une grande qualité, et dans lequel on retrouve clairement la patte d’Ursula Le Guin. Ajoutez à ça que pour un certain public des chatons qui peuvent voler, c’est pas tout à fait autant le classe que des licornes mais enfin c’est quand même tout à fait compétitif en termes de fascination et de mignonnerie.