
Patrick Dewdney écrit vraiment très bien, c’est beau, poétique, fluide et rythmé sans pour autant en faire des caisses ou tomber dans un style ampoulé ou prétentieux. Ce qui fait que c’est un vrai plaisir à lire en se laissant porter par la musique de son écriture. Et embarquer dans un monde médiéval fantastique crédible (et très peu pourvu en fantastique pour le moment) et profond socialement. C’est un choix rare et que j’apprécie beaucoup : faire le récit d’un petit, d’un parti de rien socialement, qui n’est ni ne devient rapidement un héros brillant et reconnu et éventuellement choisi par le destin et les dieux. Ici, il est orphelin et si il va s’élever, ça va être très relatif comme progrès et se payer cher et pas tellement bien se finir (au point que, à force de répétition, j’ai trouvé la fin de ce tome un poil décourageante (mais en même temps, c’est le propos)). Sur le trajet de ces laborieuses péripéties, tout est prenant et engageant : les personnages, les intrigues, la culture et les étrangetés du monde. C’est bien construit et la splendide écriture donne vraiment vie à l’ ensemble. Et ça donne bien envie de voir ce que donne la suite de la trilogie, mais je vais la lire doucement, parce que ça se savoure et parce que ça implique et ça tord le ventre. A lire sans hésiter mais sans s’attendre à de l’escapisme léger et anodin.