
Second volume de la collection Sur la table, dirigée par Victoire Tuaillon, voilà un livre qui m’a bien fait réfléchir et auquel je reviendrai certainement pour mieux l’assimiler et le digérer. Juliet Drouar propose de ne pas s’en tenir à une critique et à une déconstruction des rapports de genre et du patriarcat, mais de les considérer comme seulement des éléments d’un système global : l’hétérosexualité. Et c’est un changement de perspective que j’ai trouvé intrigant et tout à fait productif en termes de questionnements, politiques comme personnels. Le fait de venir questionner directement la place du couple hétérosexuel, l’association systématique et sur le long-terme d’un dominant et d’une dominée met à mon sens le doigt sur quelque chose qui est effectivement central, peu pensé et qui fait système Et le fait de le remettre en cause est intimidant mais ouvre des perspectives nouvelles en termes d’égalité et donc de féminisme. Et tout ça est abordé avec une plume vive et drôle, et une simplicité précieuse (alors que le fond ne l’est pas tellement), avec notamment des passages de fiction qui m’ont amusé et que j’ai trouvé très impactants. C’est donc une deuxième réussite dans cette nouvelle collection, sur de l’analyse à grande échelle et très politique.