Je gardais un souvenir joyeux et émerveillé de Grand Budapest Hotel : The french Dispatch est vraiment dans la même lignée mais avec plus. De tout. Plus d’inventivité visuelle : chaque plan, chaque image est travaillée, mise en scène à tous points de vue. Ce n’est jamais juste une caméra qui filme ce qu’on aurait pu voir, c’est composé, artificiel et très beau. Très drôle aussi parce que visuellement on est dans une pure logique de jeu. C’est un film ludique de manière générale : qui ne nous prend pas pour des con-nes mais nous propose de nous amuser intelligemment ensemble. C’est aussi plus d’enchaînements fous et permanents, une vraie mécanique huilée et implacable. Et plus de finesses dans le jeu des acteurices, avec un casting parfait et impressionnant, chacun-e étant mis-e en position d’avoir un maximum d’impact avec une seule mimique, un geste, une phrase parfaitement placée. Je trouve qu’il y a un air de famille entre ce Wes Anderson et Pratchett (ouaip, très gros compliment pour moi) dans la finesse dont ils font preuve pour utiliser une farce artificielle pour en dire tant et avec tant d’intelligence sur les beautés et les failles humaines. C’est un film ciselé et abouti dans un style unique que j’adore, je le reverrai avec joie et sans doute plusieurs fois.