
Le précédent tapait déjà fort mais dans ce second (et dernier) volet : plus encore. Que ce soit pour ce qui est de l’intelligence du propos, de l’importance des sujets abordés ou de la dimension horrible (voire traumatisante) de certaines scènes et situations. Oui, parce qu’un des thèmes, c’est celui de l’esclavage et de la manière dont ce pouvoir absolu mène à des comportements inhumains. En particulier quand il est conjugué à une version fascisante de la religion (chrétienne). Et si c’est horrible, ce n’est jamais avec un regard voyeur ou complaisant, c’est sobre, terrible, mais aussi tellement pertinent et d’actualité. Visionnaire une fois de plus, avec notamment un président de l’Amérique Chrétienne qui veut « make America Great Again », et c’est écrit bien avant Trump (en 1998). Mais c’est aussi un livre plein d’espoir. D’un espoir dans des solutions tout sauf magiques, dans la nécessité de devenir une espèce humaine adulte. Ce n’est vraiment pas de la SF de détente et de distraction, mais c’est vraiment riche et précieux. Parce qu’Octavia Butler a des choses importantes à dire, parce qu’elle est d’une acuité rare et parce qu’elle ne nous prend jamais pour des idiots, ou pour des enfants. Et elle sait aussi, vraiment, écrire. Si vous avez envie de livres qui vous remuent, qui vous parlent d’aujourd’hui et de demain et qui vous laissent en tête des questions importantes, prenez votre courage à deux mains et lisez Octavia Butler : ça ne vous laissera de toutes façons pas indifférent-es et ça pourrait beaucoup vous apporter.