Décidément, Amandine Dhée me plait beaucoup, et ici sur un registre franchement différent des deux que j’avais lu précédemment. On retrouve une écriture lumineuse, vive et rythmée, ainsi qu’un humour précis et dénonciateur, sur soi comme sur le monde. Maintenant, la forme n’est pas ici celle d’un roman mais plutôt d’une série de vignettes et d’esquisses, de nouvelles très courtes presque pour certains chapitres. Et dans certains cas on est même presque dans la poésie ou l’expérimentation formelle. D’une manière qui fonctionne bien pour moi, voire très bien dans les cas où j’ai vraiment eu l’impression de vivre les pensées que je lisais. Et le contenu peut parler à beaucoup : grandir et vivre en ville, voire plus nettement dans une ville néolibérale aujourd’hui. Avec finesse, ce n’est pas un essai ou un plaidoyer mais pour autant c’est bien visé socialement et politiquement. À partir d’instant, de moments de vie qui révèlent, qui moquent et qui touchent. Et qui font rire aussi parce que dans celui-ci, vraiment, il y a des moments où j’ai rigolé très ouvertement. Donc, oui, lisez donc Amandine Dhée, même si vous n’êtes ni parent ni féministe, elle ne parle pas du tout que de ça.