Nous voilà enfin dans le quatrième tome (géant) de la saga épique (et géante) de Sanderson, que j’attendais impatiemment depuis la claque du tome précédent. Il y a toujours une difficulté, dans ce genre de série énorme : raccrocher les wagons quand on s’y remet. Là, ça m’a pris bien 200 pages, en ayant lu un résumé avant, donc il faut aimer le côté marathon. Mais ça mérite l’effort parce qu’il y a beaucoup de finesses et de liens malins, avec des révélations progressives sur des événements qui datent du tout début de la série : ce qui est aussi impressionnant que satisfaisant. De la même manière, Sanderson fait bon usage du format pour développer en profondeur ses personnages, même si sur cet aspect-là, je pense qu’on y perd un peu en oubliant d’un tome à l’autre. J’ai ceci dit particulièrement apprécié où il se permettait d’aller sur la question de la santé mentale sur l’ensemble des ses personnages : ça devient une des thématiques centrales, traitée avec finesse et complexité, ce qui est quand même rare en fantasy. Pour ce qui est du scénario de fond, ça continue dans le gros budget élaboré et malin, mais avec un rythme moins épique que le précédent. Parce que, je crois, c’est un moment de réorientation global après les révélations du précédent : ça prépare à la fois un changement d’échelle (oui, clairement, on va vers du conflit cosmique) et de couleur en passant du très fantasy à quelque chose de plus proche de la SF, en tout cas en ce qui concerne la place de la science et de la technologie. Au final, si je suis moins époustouflé qu’après le précédent, je reste très impressionné et conquis, c’est une série assez incomparable dont j’attend la suite avec autant d’impatience que de curiosité.