240820_Possibilites_1_Braeber

Je crois qu’il ne m’est pas possible de parler de David Graeber sans souligner que je le trouve absolument brillant. Quelque soit la forme et le sujet (même si on reste toujours dans l’anthropologie du capitalisme, il y a de vraies variations). Ici, il s’agit de quatre articles / chapitres indépendants mais formant un tout thématiquement cohérent, qui sondent les tréfonds des valeurs et de la construction du capitalisme. Tréfonds au sens où on explore plutôt l’inconscient culturel des relations de pouvoir, du fétichisme et du contrat social, de la création de valeur, etc. Et ce en faisant de larges détours par des réflexions philosophiques et des éclairages anthropologiques. On est donc dans de la réflexion de fond un peu touffue et avec des détours mais qui permet vraiment de décaler le regard. Il y a vraiment un pas de côté, un changement de position provoqué par ces textes de Graeber et en cela c’est vraiment de l’anthropologie avec cette capacité à regarder des évidences, des éléments structurels de notre société comme si ils étaient étrangers, pas du tout évidents. Et du coup à les questionner et à leur chercher des raisons d’être et des origines. Et d’une part j’aime vraiment la surprise et l’étonnement qu’on fait naître cet éclairage ; d’autre part, c’est clairement à même de donner des idées d’action et de stratégies tout à fait pertinentes et concrètes (même si ce n’est pas développé ici). C’est donc une nouvelle fois une lecture que j’ai trouvée passionnante et également agréable (parce que c’est toujours écrit de manière aussi accessible et vivante, même pour des contenus aussi ambitieux). Et en prime, il devrait y avoir une suite puisque c’est la moitié du tome anglais.