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Sorceleur (aka The Witcher à l’international) est une série de fantasy polonaise, best-seller et à l’origine d’une série de jeux vidéo à grand succès. Et bientôt d’une série télé. Pour le principe de me maintenir à jour dans le domaine, je me suis lancé dans le premier tome. En français, ce qui est rétrospectivement une erreur. Parce que oui, c’est le premier gros problème que j’ai eu : c’est vraiment mal traduit. Vraiment. Au point que certaines phrases sont bancales et que d’autres n’ont pas de sens dans le contexte (je soupçonne de la traduction littérale d’expressions ou d’allusions polonaises dans certains cas). Et le ton et le registre sont généralement peu cohérents. Ajoutez que la traductrice n’a visiblement aucune référence de fantasy ou de médiéval (tout le monde utilise exclusivement des glaives (par ailleurs décrits comme différents types d’épée) et s’en sert exclusivement pour des bottes). J’insiste mais ça rends la lecture laborieuse et hachée. C’est d’autant plus dommageable que l’ensemble est construit comme une série de courtes nouvelles très rapides et compactes. Ce qui, avec une écriture efficace et serrée doit bien fonctionner. Là, beaucoup moins, j’ai plutôt eu de grands moments de confusion / relecture pour saisir certains enchaînements. Il y a cependant un aspect que j’ai apprécié : c’est l’usage de vrais contes et mythes médiévaux bien recyclés et d’une ambiance culturelle qui fait moins fausse et moins anglo-saxonne que souvent. C’est convaincant et ça aurait pu me donner envie de tester la suite (en anglais ou même en français puisque l’éditeur a changé de traducteur-trice à chaque tome (c’est un signe, je crois….). Mais. Mais le héros, quoi. Mystérieux, taciturne, taiseux mais sarcastique, jamais pris au dépourvu mais un peu désabusé, bourru mais très moral avec un bon fond et… vous l’aurez deviné, finissant au pieu avec toutes les filles (qui sont jolies, voire plus, et décrites avec complaisance) parce que. Et à la fin il tombe amoureux et ce sera compliqué et tragique. Je… je ne peux plus, ce genre de cliché, surtout quand c’est aussi marqué et pétri de fantasmes adolescents. Donc non, je ne lirai pas la suite.