140119_defendre_dorlin

La question de la violence, et particulièrement de la violence politique, est un de mes sujets de réflexion / travail en ce moment, et comme j’aime bien ce que raconte Elsa Dorlin, je me suis lancé dans cet essai. GIobalement, j’en ai eu pour mon argent. Sur la forme, ce n’est pas très long (le livre paraît plus gros parce qu’il y a plein de notes à la fin, mais le texte ne fait que 180 pages) et c’est très lisible. Qui plus est pour une philosophe. Pourtant, il y a de la philosophie, un certain nombre d’auteurs classiques et de grands concepts sont exposés, mais à chaque fois de manière assez synthétique et surtout en lien direct, voire en introduction à des récifs historiques de situations de violence et/ou de lutte. Le mélange fonctionne vraiment bien. D’une part, c’est précieux de découvrir ou de redécouvrir mieux ces moments de l’histoire sociale et politique : esclavage colonial, ghettos juifs, suffragettes, lynchage, black panthers et autodéfense gay et féministe. Bon, ce ne sont pas des histoires drôles mais justement je trouve ça très important de prendre la mesure de ce qui s’y est joué. Ce qu’Elsa Dorlin raconte bien et de manière impactante. D’autre part, ces récits lui servent à mettre en lumière les différentes positions par rapport à la violence, leurs enjeux et la manière dont se sont construites par ce biais des démarches et des parcours d’émancipation et de résistance. Le propos philosophique et politique passe bien et prends chair au fil des récits et des époques. Enfin, cet essai est également pour moi une porte ouverte vers un certain nombre d’autres ressources, qu’il s’agisse de mouvements ou d’auteur.es. Je n’imaginais par exemple pas le travail de réflexion politique révolutionnaire et la production de pensée critique des Black Panthers, ça donne envie d’aller voir un peu mieux. Au final, ce n’est certes pas un livre pour s’amuser, mais ça se lit sans peine et ça alimente avantageusement la réflexion sur ce sujet essentiel mais difficile.