
La suite donc de mes lectures sur la violence en politique, dans une veine beaucoup plus anarchiste et pragmatique qu’Elsa Dortin. Mais honnêtement, les deux se complètent bien. Plus qu’une défense de la violence en tant que tel, il s’agit d’une charge contre la non-violence de principe, dogmatique, et en faveur d’une diversité et complémentarité de méthodes de lutte. Et, outre une tendance à se répéter sur les arguments de fond, les réflexions et déconstructions proposées sont très intéressantes. La remise en contexte de la non-violence comme une méthode avant tout défendue et pratiquée par des privilégiés blancs, peu soumis à une violence systémique ou politique, et ayant donc le loisir et le confort d’évacuer potentiellement la violence de leur quotidien à touché juste en ce qui me concerne. Et, en lien, la récupération de leaders racisés pour défendre ce principe. Avec une assez mauvaise foi, et la manière dont Gelderloos replace Martin Luther King et toute une partie de ses propos m’a beaucoup éclairé. Mais moins que sa présentation de nombreux aspects des Black Panthers que j’ignorais et qui m’ont autant étonné que passionné. Tout ceci en lien avec une relecture historique critique des résultats des luttes théoriquement non-violentes, et de leur réalité (L’Inde et la guerre du Vietnam). Si cela sert son argument de fond, c’est surtout passionnant en soi. J’y ajouterai quelques éléments très pragmatiques sur la pédagogie de ces enjeux qui m’ont également bien parlé. Pour le reste, le point de vue de l’argumentaire est très anarchiste, donc très anti-état mais aussi très sensible aux questions d’autorité et de domination, ce qui amène des finesses et un positionnement que je trouve pertinents. Une bonne lecture donc, au titre explicite.