
Lud-in-the mist est un roman de fantasy, prédatant les écrits de Tolkien, et dont l’auteure n’a malheureusement pas été beaucoup reconnue. Alors que ça aurait bien mérité de lui faire une place depuis longtemps dans les pionnières du genre, et dans les grandes auteures tout court d’ailleurs. Elle a été en partie tirée de l’oubli par Neil Gaiman, qui a notamment écrit une introduction à ce volume et qui défend que c’est un des grands romans de fantasy tout court. Ce en quoi j’aurais tout à fait tendance à le rejoindre. D’une part, parce que c’est magnifiquement écrit. Il n’y a rien de la lourdeur qu’on retrouve parfois dans le style de l’époque, dans Tolkien notamment, et il y a au contraire une légèreté, et même un humour très fin mais très présent dans la voix de la narratrice. D’autre part, parce que c’est une histoire prenante et pleine de symboles, d’ambiances et d’inattendu. On y retrouve du fantastique, mais qui n’est en rien ressemblant aux ambiances et aux clichés de la fantasy post-Tolkien. C’est autre chose, et c’est très rafraichissant. Enfin, parce que c’est aussi un roman qui a des choses à dire, qui utilise la fantasy comme métaphore, en particulier sur la société bourgeoise et l’imaginaire, le dyonisien. Ce qui rend tout à fait approprié, et inhabituel, d’avoir comme personnage principal un bon bourgeois âgé et respectable. Bref, c’est beau, c’est original et c’est malin. Et ce n’est pas du tout enfantin, du coup, au contraire, c’est parfois doux-amer, un peu dérangeant, tout en restant drôle et entraînant. C’est un roman qui mérite très largement d’être lu, et d’être lu en prenant son temps, en savourant. Je conclus en rejoignant Neil Gaiman : c’est le roman que je connaisse qui a été le plus injustement oublié.