Daniel Welzer-Lang est sociologue et travaille depuis longtemps sur la sexualité, le patriarcat et la masculinité, sur une base pro-féministe. Il propose ici non pas un livre de recherche ou de théorie, mais de vulgarisation, à mon sens, et de questionnement très accessible. Ce qui en fait tout l’intérêt, mais qui peut créer une certaine frustration pour celles et ceux qui voudraient y trouver des arguments et des références plus solides et scientifiques. A mes yeux, ça en fait un très bon ouvrage à partager, un point d’entrée très bienvenu dans ce sujet. En particulier parce qu’il aborde les questions d’égalité et d’évolution des rapports femmes-hommes du côté des hommes. En bref, il pose la question de la manière dont les hommes sont éduqués, dont ils se construisent en tant qu’homme, et ils pointe les diverses manières dont l’avancée de l’égalité vient remettre en cause, et souvent mettre en difficulté, les hommes construits ainsi. Ce qui permet déjà de prendre conscience de la manière dont on a été construit, et ce n’est pas rien ; et de voir ce qui peut être questionnant ou difficile dans les changements actuels, même quand on est convaincu sur le principe. Et c’est un livre qui permet aussi à des lectrices de percevoir comment se fait la construction de la masculinité de l’intérieur. Et qui ouvre donc un champ d’échanges, de compréhension et de questionnement plus que bienvenu. Comme je le disais, c’est présenté avec un rédaction très accessible et agréable, sous forme d’essai et de questionnement, presque une discussion informelle, et c’est un format qui me semble parfaitement adapté à l’objectif. Je dirais que c’est donc un très bon support de prise de conscience et de discussion, dans la perspective de continuer à faire changer les choses en termes d’égalité femmes-hommes, en incluant tout le monde dans la discussion. (PS : Je sais bien que Daniel Welzer-Lang est attaqué sur certains de ses comportements, peut-être à raison, mais je ne crois pas que ça change l’intérêt de ce bouquin, pour le coup).