
J’aime beaucoup Dan Simmons, et je suis admiratif de sa technique d’écriture et de narration, mais il faut bien reconnaître qu’il y a du bon et du moins bon. Pour The Abominable, de mon point de vue, on est plutôt dans le moins bon. Alors certes, du moins bon Dan Simmons, ça se lit quand même bien et on y trouve des choses agréables, voire marquantes, mais ça n’a pas la dimension marquante et parfaitement calée de ses meilleurs (Hypérion, Olympos, Les fils de ténèbres, par exemple). Ici, on suit des alpinistes. Enfin, surtout un, avec un intro classique du genre “j’ai récupéré un vrai manuscrit et je le publie” qui a beau être très bateau, est très bien réalisée et amenée. Et ces alpinistes vont, en 1924, entreprendre l’ascension de l’Everest. A l’époque, les quelques grandes expéditions anglaises ont échoué, notamment celle de Mallory, juste au début du bouquin. Et tous les passages concernant la montagne, les difficultés de ces altitudes et globalement les questions techniques m’ont passionné. Et le fait est que ça occupe les deux tiers du bouquin, donc oui, il y a des choses que j’ai vraiment apprécié. Pour le dernier tiers, moins. D’ailleurs, attention : SPOILERS. Est plutôt annoncée une histoire d’abominable homme des neiges. Ce qui est très classique, mais connaissant Simmons, je me disais que pourquoi pas. Sauf que non, pas du tout, c’est une feinte, c’est au final beaucoup plus terre-à-terre, et montagnard, et politique. Mais d’une manière que je n’ai pas trouvée tellement prenante ou convaincante. Un peu facile en fait. Ce qui amène à une fin honnête mais là encore, un peu facile, un peu rapide et qui tombe en partie à plat de mon point de vue. Du coup, au final, j’aurais préféré qu’on en reste à la montagne, voire aux yetis.