Non, il n’y en a pas cinquante, c’est dans sans rapport avec le machin pseudo-érotique écrit avec les pieds qui a fait les unes de journaux. Non, non, là, il s’agit d’un très bon roman baroque et bien écrit. C’est même complètement de la science-fiction, même si il ne s’agit en rien de vaisseaux spatiaux ou de quoi que ce soit d’équivalent. Shades of grey est un roman dans un monde dystopique, dans un lointain futur où l’ensemble de la société est organisée en fonction des couleurs que chacun est capable de percevoir. On est bien dans la lignée de Brave New World ou 1984, il s’agit d’une société oppressive et absurde, et le propos est donc fondamentalement sérieux, même si le ton ne l’est pas du tout. En effet, on retrouve tout le talent d’écriture de Jasper Fforde (de la série Thursday Next, dont je vous avais parlé précédemment) et son humour très anglais et très fin. Le seul reproche que j’ai à faire à ce roman, qui est rythmé, drôle et plein de réflexions intéressantes, est qu’il invite fortement à une voire des suites, et qu’elles n’existent pour l’instant pas. En effet, si on commence à la fin du roman à découvrir un peu plus comment cette société a pu se mettre en place, ce n’est qu’un petit début. De la même manière, les personnages, très attachants, arrivent à une situation qui laisse le lecteur sur sa fin. Moyennant ce bémol, c’est vraiment un bon roman, dans la même veine que tout ce que j’ai lu d’autre de cet auteur.
Shades of grey. De Jasper Fforde.
