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Deux auteurs que j’aime beaucoup, et que je considère comme deux des voix les plus pertinentes et drôles de la science-fiction d’aujourd’hui, qui écrivent ensemble, vous vous doutez bien que je n’allais pas rater ça. Qui plus est, le thème est potentiellement très riche puisqu’il s’agit d’explorer le monde tel qu’il pourrait être après la singularité, c’est-à-dire après que l’humanité migre massivement vers une existence dématérialisée et ultra-rapide, avec des moyens de calcul et d’invention sortant totalement des contraintes actuelles et de toute linéarité. Autant dire, en explorant ce type de thème, ça ressemble rapidement à n’importe quoi. Et c’est le cas ici d’ailleurs, le monde est en grande partie incompréhensible, mais étant donné les auteurs, on garde une vraie cohérence de fond et beaucoup d’humour. Mais au final, effectivement, c’est baroque et ça part dans tous les sens, et il ne faut pas forcément essayer de retrouver des repères habituels, ce qui peut être déstabilisant, voire fatiguant. Mais. Mais c’est aussi strictement le propos de fond, d’explorer ce que pourrait être un tel chaos foisonnant, et surtout d’aller au fond d’un certain nombre d’idées liées à ces hypothèses de singularité et leurs conséquences. Notamment en termes de ce que signifie être humain. Et là, les auteurs ne déçoivent pas. Beaucoup d’idées, de projections qui posent des questions pertinentes même aujourd’hui. Du coup, en temps que roman, je ne suis qu’à moitié convaincu, même si on peut se laisser prendre, mais pour ce qui est d’explorer des idées variées et riches, par contre, je suis pas mal conquis. Maintenant, la question qui se pose est celle de savoir si ça n’aurait pas été plus efficace en tant qu’essai, quitte à toucher des gens vraiment motivés par le sujet.