Kurt Vonnegut est un auteur important, et un auteur que j’apprécie beaucoup, autant pour son écriture que ce qu’il a à raconter. Il s’agit ici d’un de ces derniers ouvrages, et, plus que d’un livre, d’un journal regroupant différentes réflexions, humeurs et réactions à l’actualité. Certes, c’est assez décousu, il ne faut pas s’attendre à un ouvrage très cohérent ou suivi, mais ça n’empêche pas les différents chapitres d’être chacun à peu près structuré et plutôt bien écrit. Si on le prends donc comme une compilation d’articles, ça fonctionne bien. Le contenu, lui, est intéressant comme du Vonnegut, c’est-à-dire beaucoup, avec toujours cette acuité et cette finesse iconoclaste qu’on trouve en trame de fond de tous ces romans. Certes, ce n’est pas hyper positif, mais ça date de la fin des années Bush, il y a de vraies raisons, mais ça tombe globalement très juste. Le titre donne d’ailleurs une idée de la direction générale. Au-delà de la politique, au sens large, on y trouve également de très beaux passages concernant l’écriture et la littérature. Rien de grandiose donc, ni d’essentiel, mais pour ceux que le personnage intéresse, c’est une vraie entrée dans ses réflexions hors roman et j’ai trouvé ça plaisant (et rapide, car ce n’est pas très long).
Un homme sans patrie. De Kurt Vonnegut.
