Shortbus est un film qui parle de sexualité, et de marginalité aussi, sans parler de pornographie, ce qui est rare, et en parlant de vraies personnes, de vraies vies, et de leur complexité. Sans faire dans le cliché ou dans le sexy vendeur médiatique, ce qui là aussi est rare. Maintenant, oui, c’est un film directe et explicite et on voit des gens baiser, plutôt beaucoup d’ailleurs. Mais le sexe est présenté et mis en image avec une simplicité, un humour et une facilité qui à mon sens évite l’écueil souvent rencontré sur ce thème de voyeurisme facile ou d’artificialité. Ceci s’explique en partie sans doute par le choix fait de construire les personnages avec les acteurs et selon leurs expériences et limites, choix qui au-delà de l’intérêt méthodologique, ajoute à la véracité et la vie du jeu des acteurs. On suit donc une petite poignée de personnages, aux orientations et problématiques différentes mais ressortant toutes dans leur vie sexuelle ; et se rencontrant tous progressivement par le biais d’un lieu de rencontre/bar/boite/club/lieu de happening nommé le Shortbus (dont le patron mérite plus que le détour d’ailleurs). C’est souvent drôle, mais ce n’est pas une comédie, c’est avant tout un film qui aborde de manière légère et très directe des thématiques profondes liées à la sexualité, à ses difficultés, à la difficulté de vivre tout simplement aussi, de rencontrer et toucher les autres, et ce particulièrement quand on fait des choix marginaux tout en voulant les vivre de manière heureuse et épanouie. C’est un film inattendu donc, dans la forme comme le fond, mais précieux tant il en est peu sur ces questions, et tant il réussit à parler et faire réfléchir sur ces questions.
Shortbus. De John Cameron Mitchell.

Je n’ai pas vu Shortbus, mais le ton que tu décris me fait vraiment penser à Happy Sex, de Zep. Si tu ne l’as pas encore lu, je te conseille d’y jeter un coup d’oeil.
Oui, oui, j’ai beaucoup aimé Happy Sex aussi. Je dirais quand même que Shortbus est moins joyeux, parce qu’il va aussi dans des questionnements sur l’identité et la relation à soi et à l’autre, dans leur manière d’émerger dans le sexe. Il y a des moments joyeux, hein, mais pas que, contrairement à Zep.