Je pense que vous avez tous au moins entendu parler du sujet du dernier film d’Eastwood : la première année de présidence de Mandela, et spécifiquement le soutien qu’il choisit d’apporter aux Springboks (l’équipe nationale de rugby) pour en faire un symbole et un outil de réconciliation nationale. De ce sujet plus beau qu’un fiction, Eastwood fait un beau film, plein de bons sentiments. Deux choses le sauvent à mon sens de la niaiserie : le fait que ce soit une histoire vraie (et si ça ne l’était pas, on se dirait que c’est un peu trop beau et gentil comme scénario, ce qui au final est plutôt réjouissant) et le fait que les deux interprètes principaux soient remarquables. Morgan Freeman est impressionnant de justesse, de retenue et d’humanité dans sa manière d’incarner parfaitement Mandela, de devenir le personnage, et Matt Damon est tout aussi fin et convaincant, avec un accent parfait et un physique méconnaissable. Et pour être juste, j’ajouterais qu’Eastwood maitrise quand même son art, ses scènes et ses dialogues (par contre, les musiques, beaucoup moins à mon goût). Pour le reste, comme je le disais, c’est plein de bons sentiments. Et ça marche, ça met de bonne humeur, ça touche et ça donne le sourire. J’ai vraiment passé un bon moment, je ne m’en cacherais pas. Après coup, avec du recul, je regrette quand même un peu que le reste du contexte soit très peu voire pas traité. C’est un choix, hein, je ne dis pas, mais en termes d’intérêt historique et contexte politique, je trouve ça finalement dommage. Peut-être que ça aurait freiné le reste, ou parasité, je ne sais pas, mais j’aurais aimé avoir au moins quelques éléments sur le reste des choix politiques et des problèmes en lien avec ce choix d’utiliser le rugby comme point de rencontre entre deux communautés très opposées. Mais bon, c’est bien, je le redis, même très bon, touchant, plein de messages humanistes et très encourageants, mais peut-être au final un peu trop simplifié pour la durée. Je vous conseille sans hésitation d’aller le voir, notez bien, mais je me demande si je le reverrais avec plaisir par contre.